Synchronicité

D’abord, des regrets pour les 2 fautes d’orthographes présentes dans le mail de notification précédent écrit trop rapidement et vite corrigées dans le blog.

Allumé par hasard, la télé, la 3, pendant la « sieste » post déjeuner…
Rencontré l’émission soit disant humoristique de Lemoine et de ses acolytes, certains limite débiles et tous puants de suffisance « parisienne » derrière leurs rires forcés…
Entendu une « blague » de Mme Joly et une chanson de Monsieur Sardou.
-La blague « Cantal » de Mme Joly . Bien sûr à entendre au second degré…mais très instructive au troisième degré…des parisiens qui se vautrent dans le fumier cantalou en se promettant au  grand jamais de ne plus aller respirer l’air pollué de Paris…
-La chanson de Monsieur Sardou qui nous assure, lui-même habitant en France, que la « France n’est pas tout de même seulement peuplée de 50 millions d’abrutis, car en France il y a Paris… etc etc ».

D’abord ça console de savoir qu’en France, il n’y a pas que des bouseux comme nous..

Ensuite, à la suite du post précédent évoquant les amérindiens et la réserve de gaulois de la planèze sanflorienne, ça fait penser à Jung et à sa synchronicité….

 

François Cassingena-Trévedy

Un autre amoureux du Cézallier, le père François Cassingena-Trévedy et des extraits de son « Cantique de l’Infinistère » qui parle si bien de notre haute Auvergne.

« La personnalité si singulière de l’Auvergne fait d’elle un monde à part depuis des siècles. Avec des paysages parmi les plus beaux de France, elle est habitée par un peuple fier et riche de vie intérieure qui préserve un contact intime avec la terre et les animaux. »    Oui oui, parfaitement.…    🙂
« À l’automne 2015, François Cassingena-Trévedy a arpenté en solitaire les chemins de randonnée du massif sauvage du Cézallier. Il nous livre ici le récit de sa marche.
Le vent, la neige et le froid sont vaincus par l’enchantement au contact d’une nature devenue une compagne aimée. Lors des étapes en des gîtes, il cherche à rencontrer les rares habitants de la région. Accueilli dans leur vie familiale, il trace d’eux, paysans ou aventuriers, des portraits truculents d’où se dégage un humour généreux. De courtes citations liées aux événements vécus accompagnent son itinérance et, parfois, d’une langue lyrique, il s’élance en des éloges inspirés sur la marche, les pieds ou le sacré, qui prend alors une dimension inattendue.
À travers la sensibilité de l’auteur, l’Auvergne apparaît sous un jour nouveau et le lecteur ne saurait résister à l’envie de découvrir volcans, forêts ou pâturages décrits avec un enthousiasme »

« Terre de feu rasséréné que le regard caresse, terre de vent qui feule, terre de sources qui susurrent. Et la neige, là-dessus, comme un long couvre-feu. Mais le volcan, aussi rassis désormais qu’une galette de bouse dans l’estive, n’est pas seulement sous mes pas ni sous mes yeux : il m’habite à cette heure, comme s’il trouvait en moi un nouvel épicentre, un nouvel exutoire.C’est depuis le fond de mon abîme qu’il régurgite, c’est de toute ma matière fusible qu’il s’édifie : car le socle hercynien a sauté tout au fond de moi, emportant le superficiel, l’illusoire, le factice, l’inutile, et laissant affluer de loin l’enseveli. La lave serait-elle de la même espèce que les larmes ?  »

« La marche de longue haleine esseulé, elle dessaoule de ce grand étourdissement, de cette distraction entretenue, de ce sacrilège continuel qu’est la vie courante (et pourtant si sédentaire ). Elle exonère, elle débarrasse l’homme, dans l’oubli de tout arriéré, et l’assortit au bleu, au vert, au brun, là – bas, vers lequel il pérégrine. Mais pour autant, c’est peu dire, c’est mal dire, qu’elle spiritualise l’homme : elle l’incarne plutôt et l’enracine, elle l’installe solidement dans l’entier naturel de l’univers. « 

Marie-Hélène Lafon

Avec Marie-Hélène Laffon, c’est l’amour du Cézallier que nous partageons…

« En conséquence, il me semble avoir éprouvé très tôt un vif sentiment d’appartenance à « ce pays d’en haut », ce monde rare, perché, taillé pour l’hiver. Les gens de toutes générations disent souvent qu’il y a là-bas deux saisons; « l’hiver et le 15 août »! En soi,1.000 mètres ne constitue pas une attitude exceptionnelle – c’est peu de chose-, mais pour toutes sortes de raisons qui m’échappent complètement, liées sans doute à la manière dont l’espace est agencé, situé, le climat y est rude, accentuant le sentiment d’être toujours en hiver. Le pays connait un printemps éruptif et rare, un été violent, un automne flamboyant, et c’est reparti pour l’hiver, gros morceau de temps où la vie des gens, tout au moins celle des paysans, est rythmée par les soins à donner aux animaux rentrés à l’étable. Ce sentiment d’un hiver qui ne finit pas est l’apanage des pays de montagne quand ils sont vécus de l’intérieur. Passer l’hiver équivaut à un adoubement et constitue en quelque sorte l’épreuve du pays, mais encore faut-il faire face. »

A dire vrai, pour avoir vécu en zone urbaine de longues années au nord-est de la France, j’ai aussi ressenti ce sentiment d’un hiver qui ne finit pas, mais là sans résonance et, pour le moins, sans exaltation…..

Mon Cézallier

Extrait de Détours en France n° 174 (Sophie Bogrow)
Steppe solitaire et démesurée, aussi douce de rondeurs sensuelles que violentée par la froidure et la burle tel est ressenti notre Cézallier puissant et libre.
L’Auvergne écrivaient Vialatte et Pourrat, est une île au cœur de la France. Le Cézallier, lui, serait plutôt une mer, paradoxale, soulevée au-dessus des terres. Un océan vert courant vers l’horizon en vagues souples, et quelques chapelles perchées sur ses rebords en guise de phares. Ainsi, celle de Saint-Alyre-ès- Montagne, tout au nord, celle de Chanet, perdue à l’est d’Allanche, avec son enclos minuscule, son porche creux pour protéger des bises mordantes et ses fresques romanes de cinéma (réalisées en 2002 pour Le Frère du guerrier, film de Pierre Jolivet). Ou encore à l’ouest, la chapelle Valentine, vigie blanche et noire au clocher carré, sur son promontoire dominant la Santoire et le hameau de la Gazelle.
« En termes de superficie, cette entité (Cézallier) n’est pas grand-chose : cinq pour cent du territoire cantalien, plus un petit morceau du Puy-de-Dôme, où les volcans ont superposé leurs laves il y a plus de trois millions d’années. Une ancienne calotte glaciaire y a semé lacs et tourbières, et en a aplani les reliefs au point que ses sommets, au nord le Signal du Luguet et ses 1 551 mètres, au centre le mont Chamaroux qui culmine à 1 476 mètres, n’y semblent plus que des collines à peine accentuées. Côté ouest, des tourbières du Jolan à celles de La Godivelle, de hauts plateaux herbus où le moindre bosquet fait exception s’étirent en longues solitudes, à peine griffées de quelques murets et clôtures, piquées de burons. Côté est, le plateau en corniche se coupe d’une succession de vallées boisées où cascadent les eaux claires de la Couze, la Sianne, l’Allanche.
Les bourgs assoupis derrière leurs murs sombres et leurs volets clos, les fermes éparpillées, environnées sans coquetteries inutiles de tracteurs, de citernes, de gros ballots de foin verts ou noirs et d’hirsutes machines à faner, se blottissent pour la plupart dans des replis aux marges du territoire.
Plus loin, des routes rapiécées relient les villages, en évitant de s’aventurer vers le cœur du plateau où les vicinales vous perdent, tantôt entre joncs et sphaignes spongieuses, tantôt dans les nuages. Les 10 mètres de pierraille où vous avancez semblant soudain flotter sur une mer de coton blanc… Marcenat, Montgreleix, puis La Godivelle : une poignée de maisons jetée entre deux lacs, celui du haut, ancien cratère profond, et celui du bas, distant d’à peine 400 mètres. Et au milieu, une monumentale fontaine abreuvoir, presque un troisième lac… Au bas du village Les Sagnes, c’est-à-dire le marais, la réserve naturelle protégée abrite des centaines d’espères rares, animales ou végétales ; à l’automne, on y guette les migrateurs de passage. »
(Marie-Hélène Lafon)
Suivent quelques photos de Luc Olivier, uniquement sur le Blog

Vue du plateau du Cézallier et les Monts du Cantal.
 Le lac « d’en haut »de la Godivelle (Cézallier).
Le monastère orthodoxe Znaménié à Marcenat (Cézallier).
Buron près de Montgreleix (Cézallier).