Perpétuel recommencement

Tout y est ou presque.
Confinement, pas de réel médicament, le grand médecin de la capital et sa pseudo science, les petites mains soignantes aux premières loges, le masque de thériaque, les morts évidemment….

« En 1631, la peste sévit à Clermont-Ferrand, surtout dans le faubourg des Gras. Elle règne en même temps à Riom, Thiers, Issoire et à peu près partout dans les moindres bourgades. A Orsonnette, qui comptait de 150 à 180 habitants, on dénombra 22 morts entre le 6 octobre et le 6 novembre. A Riom, Abraham de la Framboisière, médecin célèbre à Lyon, appelé, fait construire 200 cabanes en dehors de la ville et y fait conduire les 460 pestiférés.

Avant de quitter Lyon, il avait fait acheter des aromates pour une somme considérable. Il arriva à Riom avec 3 voitures chargées de térébenthine, d’encens, d’oliban, de vernie et d’huile de nard. Immédiatement, les consuls désignèrent les barbiers-étuviers pour parfumer les maisons infestées. Ils y pénétrèrent avec les plus grandes précautions, portant au cou du mercure dans une aveline, les narines remplies de thériaque. Ils faisaient brûler des parfums et tiraient des coups d’arquebuse dans les maisons »

Marc Doussé (Perrier un village de Basse Auvergne 4 siècle d’histoire G. Hervé)

Philippe Seguin

A l’occasion du dixième anniversaire de sa mort, on se devrait d’honorer Philippe Seguin que j’ai eu personnellement l’opportunité de rencontrer et d’apprécier. Ci-dessous l’extrait d’un article que lui consacre  La Revue des Deux Mondes ce mois-ci.
Il y manque je crois l’évocation de son côté humain et social, même si ses colères homériques semblaient dire le contraire.  🙂

« PHILIPPE SÉGUIN
Info :
Dix ans après. Philippe Séguin est peut-être l’un des hommes politiques qui suscite aujourd’hui le plus de nostalgie. À l’occasion des dix ans de sa mort, la Revue des Deux Mondes retrace le singulier destin de ce « vaincu magnifique, qui aura eu raison contre son temps, et dont les paroles viennent hanter aujourd’hui ceux qui ne l’ont pas écouté ».

Analyse:
Une nostalgie nommée Philippe Séguin
L’histoire de Philippe Séguin, aux yeux de plusieurs observateurs, est celle d’un vaincu magnifique, qui aura eu raison contre son temps, et dont les paroles viennent hanter aujourd’hui ceux qui ne l’ont pas écouté. On se rappelle sa campagne contre le traité de Maastricht en 1992, où il s’imposa comme le défenseur de la souveraineté nationale, jugeant criminel de la concéder à un empire européen qu’il avait deviné avant tout le monde à la fois tyrannique et impuissant.

Séguin savait que le sacrifice de la souveraineté nationale entraînerait celui de la souveraineté populaire. Il refusait la réduction de la politique à une simple logique gestionnaire, qui prendra pendant plus d’une décennie le visage d’un social-libéralisme mondialisé démocratiquement toxique. Au début des années quatre-vingt-dix, il avait deviné, en quelque sorte, que la dissolution de la politique allait entraîner tôt ou tard une révolte contre cette dépossession intégrale des peuples – une révolte que notre époque a pris l’habitude d’appeler « populisme » pour mieux la déconsidérer.

On se souvient aussi de sa participation à l’aventure présidentielle de Jacques Chirac en 1995, menant la lutte contre la fracture sociale. Le projet était flou mais la formule était belle et répondait à un sentiment de plus en plus présent dans la vie publique : la France se fracturait peu à peu – on parlerait plus tard de la France des métropoles et de la France périphérique – et cherchait un grand projet pour se mobiliser. Il y avait dans cette séquence un éloge du volontarisme. La politique n’avait pas seulement vocation à adapter la société française aux évolutions du monde contemporain, elle devait modeler l’avenir, définir les paramètres d’une existence commune.

« Ce tribun d’exception ne brillait que dans les grandes querelles. La vie politique ordinaire le servait mal et les temps sans relief ne lui permettaient pas de donner sa pleine mesure. »

C’est en partie ce qui fait de la France une nation aussi passionnante pour ceux qui la regardent de l’extérieur : la politique y a une charge existentielle exceptionnelle. On ne s’y engage pas seulement pour administrer la société mais pour faire l’histoire. L’homme politique qui n’a pas une dimension romanesque y sera vite oublié. Ceux qui ont écrit l’histoire des trente ou quarante dernières années politiques ont multiplié les portraits de Séguin en personnage aussi attachant qu’exaspérant, visionnaire et cyclothymique. On comprend pourquoi ils furent si nombreux à vouloir l’accompagner. Le combat politique à son côté était transfiguré en combat historique.

Séguin joue un peu dans l’imaginaire de la droite le même rôle que celui de Pierre Mendès France dans celui de la gauche. Ils sont plusieurs, encore aujourd’hui, à chercher celui qui pourrait prendre sa suite, comme s’il demeurait le dernier politique portant non seulement une carrière mais un destin, comme l’a très finement noté Arnaud Teyssier dans la biographie qu’il lui a consacrée. Mais, on l’a dit, Séguin a perdu et ses dernières batailles politiques, surtout après 1995, s’écrivirent à l’encre de l’humiliation. Ce tribun d’exception ne brillait que dans les grandes querelles. La vie politique ordinaire le servait mal et les temps sans relief ne lui permettaient pas de donner sa pleine mesure. Les historiens peuvent le classer parmi les voix prophétiques, mais plus difficilement parmi les grands hommes d’État – les circonstances l’ont empêché de le devenir. Son parcours ressemble finalement à une occasion manquée pour la France.

« Il y avait chez Séguin un étrange mélange de volontarisme et de fatalisme. Comme s’il croyait à la fois en la grandeur du politique et à la vanité de l’homme et du monde qu’il construit. »

Demeure pourtant dans la mémoire de ceux qui l’ont accompagné un sentiment vif : cette défaite n’était pas fatale. David Desgouilles, dans Leurs guerres perdue, a ainsi cherché à comprendre pourquoi une si belle entreprise avait avorté. Son combat n’était pas celui d’un « réactionnaire » héroïque, voulant prendre sa revanche sur l’histoire. Une question revient en boucle : que serait-il arrivé si Séguin ne s’était pas laissé intimider par Mitterrand lors du débat sur Maastricht ? Le sort du monde n’aurait probablement pas été le même. Les hommes font l’histoire, quoi qu’en pensent ceux qui l’imaginent déterminée par des processus impersonnels si puissants que le politique ne peut en rien l’orienter.

Il y avait chez Séguin un étrange mélange de volontarisme et de fatalisme. Comme s’il croyait à la fois en la grandeur du politique et à la vanité de l’homme et du monde qu’il construit. Il s’engageait dans une bataille de la plus belle manière, et savait transformer de sa voix unique un combat en épopée.

Cézallier: Le Far Centre

Evocation d’un livre magnifique d’Emmanuel Boitier (photos) et Pierre Jourde (commentaires)

« Sur les cartes de France, c’est une zone blanche, un peu comme sur les cartes du désert de la steppe. Là, il n’y a rien. Le pointillé de la frontière entre Puy-de-Dôme et Cantal traverse ce rien, aussi arbitraire que celui qui sépare Turkménistan et Ouzbékistan. Inutile d’aller visiter la Mongolie, c’est là qu’elle se trouve, en réduction, dans cette zone dont personne n’a entendu parler. Un compromis entre l’Asie centrale et le Far West : le Far Centre. »

Petit Papa Noël

Extrait du blog de JACQUES BERTHOMEAU

 » Petit Papa Noël
Quand tu descendras du ciel, prends l’escalier de service plutôt que l’ascenseur social qui est en panne depuis des plombes, pense à Gabriel Péri, à Honoré d’Estienne d’Orves, à Guy Môquet et Gilbert Dru, laisse de côté les niaiseries de Tino Rossi, avec ses petits souliers et ses jouets par milliers, sonne à ma porte quelle que soit l’heure, je t’ouvrirai, t’accueillerai, autour d’un verre de vin qui pue nous partagerons le pain et le sel, nous ne referons pas le monde car il est en si piteux état que certains pensent qu’il court à sa perte, nous avec, du moins nos enfants et nos petits-enfants, nous n’évoquerons point les points de nos retraites vu que nous sommes de vieux cons privilégiés, au troisième godet de vin nu, en nous tapant la cloche de bouts de fromages qui puent, nous commenceront à déblatérer, à dresser la liste de ceux qui pensent à notre place, de ceux qui nous pourrissent la vie, de ceux qui le cul sur leur chaise prêche la Révolution, de ceux qui mettent les doigts dans la confiture, de ceux qui ont oublié que gouverner c’est choisir, aux c’est pas de ma faute, à ce régime là nous risquons d’y passer la nuit, autour de trois heures du matin nous nous souviendrons que, petits cons, nous proclamions à pleins poumons, élections piège à cons, au petit matin nous ouvrirons une roteuse pour accompagner un bout de brioche, comme tu n’as pas d’âge tu égrèneras tes souvenirs de toutes les guerres qui devaient être la der des der, et puis, même si les cocos ont trahi, de Budapest à la Tchécoslovaquie en passant par le mur de Berlin et le Goulag, nous évoquerons l’Aragon de la Résistance :

Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous deux adoraient la belle
Prisonnière des soldats
Lequel montait à l’échelle
Et lequel guettait en bas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Qu’importe comment s’appelle
Cette clarté sur leur pas
Que l’un fût de la chapelle
Et l’autre s’y dérobât
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles
Des lèvres du cœur des bras
Et tous les deux disaient qu’elle
Vive et qui vivra verra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle
Fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles
Au cœur du commun combat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Du haut de la citadelle
La sentinelle tira
Par deux fois et l’un chancelle
L’autre tombe qui mourra
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Ils sont en prison Lequel
A le plus triste grabat
Lequel plus que l’autre gèle
Lequel préfère les rats
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Un rebelle est un rebelle
Nos sanglots font un seul glas
Et quand vient l’aube cruelle
Passent de vie à trépas
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Répétant le nom de celle
Qu’aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle
Même couleur même éclat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
Il coule il coule il se mêle
A la terre qu’il aima
Pour qu’à la saison nouvelle
Mûrisse un raisin muscat
Celui qui croyait au ciel
Celui qui n’y croyait pas
L’un court et l’autre a des ailes
De Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle
Le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle
Le double amour qui brûla
L’alouette et l’hirondelle
La rose et le réséda

Louis Aragon, « La Rose et le Réséda » « 

Julien Royer

Le Cantalien Julien Royer, chef du restaurant Odette à Singapour a terminé 1er d’un concours qui a primé, le 26 mars, les 50 meilleurs restaurants d’Asie. Une reconnaissance mondiale pour sa cuisine française aux influences asiatiques.

Aujourd’hui âgé de 36 ans, ce natif de Riom-ès-Montagnes a fait ses études à l’école de Chamalières, près de Clermont-Ferrand. Ancien élève de Michel Bras en France, il a ensuite parcouru le monde dans les cuisines d’Antonin Bonnet à Londres, puis il est parti à Bora-Bora et à Singapour. En novembre 2015, il s’est lancé et a ouvert son propre restaurant.

« Odette, c’est le prénom de notre grand-mère maternelle. C’est elle qui lui a donné le goût et la passion de la cuisine. Il tenait à lui rendre hommage » explique sa sœur. Puis elle ajoute : « Il offre à tous ses clients un petit pot de confiture dans un coffret à l’effigie du restaurant. Il adorait la confiture de groseilles qu’elle faisait avec les fruits que nous venions de ramasser. Il a revisité sa recette et maintenant il l’a fait partager ».
🙂

Les cuisines des énergies du futur

Infos et menus propos sur le problème énergétique

Les éoliennes qui polluent l’esthétique de notre Cézallier appartiennent à la société française  Eolfi.
L’éolien en mer à un potentiel presque infini, selon l’Agence internationale de l’énergie.
Le néerlandais Shell, qui veut devenir le premier électricien au monde, l’a bien compris. Il sait aussi que l’on aura besoin d’éolien flottant pour exploiter ce potentiel une fois épuisées les possibilités de l’éolien posé. Il n’est pas le seul pétrolier à y voir des synergies avec ses savoir-faire en construction offshore et en gestion de partenariats de long terme. Les pionniers du secteur de l’éolien flottant sont donc très courtisés. C’est le cas d’Eolfi, le chef de projet d’une ferme pilote entre Groix et Belle-Ile-en-Mer (Morbihan), qui doit être mise en service en 2022. Le développeur d’énergies renouvelables français (70 salariés) a cédé à Shell. Le pétrolier a promis de l’intégrer totalement et de faire de lui sa tête de pont internationale de l’éolien flottant dans le monde. Motivant. Cette acquisition d’un acteur de l’énergie français, donc stratégique, doit néanmoins encore obtenir l’accord de Bercy.

Le 6 septembre 2019 a été inaugurée une première station de recharge d’hydrogène sur un site Michelin de Clermont-Ferrand. Deux autres stations de plus grosse capacité seront mises en place avant fin 2020 localement.
Michelin et Faurecia se sont engagés derrière l’entreprise iséroise Symbio pour développer la pile à hydrogène française et devenir leaders dans cette technologie.
C’est une très bonne nouvelle et une raison supplémentaire pour que l’Auvergne soit fière de la maison Bibendum.
La voiture à hydrogène est certainement LA solution du futur malgré la dangerosité de ce gaz, contrairement à cette folie qu’est la voiture aux batteries au lithium dont la fabrication est très polluante et utilise elle aussi une source fossile. En outre, la Chine et le leader de cette technologie.

Le stockage de l’énergie est un problème crucial qui n’a jamais été vraiment résolu efficacement. Il se pose particulièrement avec les éoliennes qui fournissent de l’électricité de façon non contrôlée. L’électricité ponctuellement excédentaire, par grand vent, pourrait être utilisée pour « casser » l’eau en hydrogène et oxygène. Cette opération est énergétiquement défavorable car elle consomme plus d’énergie qu’elle n’en fournit  dans les piles à hydrogène lors de la recombinaison.
La mettre en œuvre de façon isolée est donc énergétiquement peu intéressant.
En revanche, associer éoliennes et hydrogène serait une façon élégante et efficace de stocker les kilowatts excédentaires et donc l’énergie.

cocorico!  🙂

Au temps de mon père

Des photos souvenir d’une époque toute proche mais si lointaine.
Une nostalgie que certains vont partager avec moi, je le sais.

A cette époque, nous avions le Printemps!

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Les « taxis » devant la gare!

On ne consommait pas d’électricité pour laver le linge et peut-être passaient-elles de bons moments entre copines au bord de la Couze!

La Halle aux grains dans sa véritable vocation!

Synchronicité

D’abord, des regrets pour les 2 fautes d’orthographes présentes dans le mail de notification précédent écrit trop rapidement et vite corrigées dans le blog.

Allumé par hasard, la télé, la 3, pendant la « sieste » post déjeuner…
Rencontré l’émission soit disant humoristique de Lemoine et de ses acolytes, certains limite débiles et tous puants de suffisance « parisienne » derrière leurs rires forcés…
Entendu une « blague » de Mme Joly et une chanson de Monsieur Sardou.
-La blague « Cantal » de Mme Joly . Bien sûr à entendre au second degré…mais très instructive au troisième degré…des parisiens qui se vautrent dans le fumier cantalou en se promettant au  grand jamais de ne plus aller respirer l’air pollué de Paris…
-La chanson de Monsieur Sardou qui nous assure, lui-même habitant en France, que la « France n’est pas tout de même seulement peuplée de 50 millions d’abrutis, car en France il y a Paris… etc etc ».

D’abord ça console de savoir qu’en France, il n’y a pas que des bouseux comme nous..

Ensuite, à la suite du post précédent évoquant les amérindiens et la réserve de gaulois de la planèze sanflorienne, ça fait penser à Jung et à sa synchronicité….