Nécessité d’isoler les porteurs

Covid-19 : malgré la quarantaine, des passagers d’un vol international à l’origine de multiples chaînes de contamination

L’histoire se déroule en Nouvelle-Zélande, pays qui pratique une stratégie d’isolement et de mise en quatorzaine à ses frontières dans le but d’éliminer le coronavirus SARS-CoV-2. Le 18 septembre 2020, un cas de Covid-19 est identifié. Le patient est un des passagers d’un vol international en provenance d’Inde.

À sa descente d’avion, cet homme (G) avait pourtant été soumis à une période de 14 jours d’isolement dans un hôtel de Christchurch et avait été testé négatif à deux reprises à un test PCR, en l’occurrence trois et douze jours après son arrivée. À la fin de la quatorzaine, le 11 septembre, il prend un vol intérieur pour se rendre à Auckland. C’est là, après qu’il ait présenté des symptômes, que l’on découvre qu’il est infecté par le SARS-CoV-2.

Ce passager (G) fait partie d’un groupe de 149 ressortissants néo-zélandais, ou résidents permanents, de retour au pays le 27 août 2020. Il a voyagé à bord d’un Boeing 747 de New Delhi (Inde) à Christchurch (Nouvelle-Zélande) avec escale à Nadi aux îles Fidji.

Cet homme n’est pas le seul passager du vol international à destination de Christchurch à avoir été testé positif pour le SARS-CoV-2. Au total, huit personnes sont dans ce cas, dont trois passagers ayant voyagé de New Delhi à Nadi à seulement deux rangées les uns des autres. Nous les désignerons par les lettres A, B et C. Tous les passagers ont observé une distanciation physique dans cet avion dont le taux d’occupation avoisinait 35 %, les passagers étant régulièrement espacés dans la cabine.

Le voyageur C a été testé positif le 8 septembre 2020, deux jours après avoir présenté des symptômes, soit une dizaine de jours après son arrivée en Nouvelle-Zélande. Cette chronologie laisse donc à penser qu’il a été contaminé lors du vol d’Inde vers la Nouvelle-Zélande par le passager A ou le passager B. Ces derniers ont eux-mêmes pu être contaminés avant ou durant le vol. Tous les passagers étaient tenus de porter un masque durant le vol, l’équipage respectant les mesures barrières.

À leur arrivée à Christchurch, les passagers ont été débarqués par groupes de dix afin de respecter la distanciation physique dans le terminal de l’aéroport. Chacun d’eux a alors reçu un masque chirurgical. Tous les passagers ont ensuite été transférés par autobus dans l’hôtel Crowne Plaza servant de centre d’isolement et de mise en quarantaine. Chaque chambre avait une salle de bain et ne possédait pas de balcon.

Lorsque le passager C est détecté positif pour le SARS-CoV-2, cela fait douze jours qu’il est confiné dans sa chambre d’hôtel. Il est alors placé dans une section à part de l’établissement. Avant cela, sa chambre était mitoyenne de celle qu’occupaient un adulte et un enfant, également passagers du vol en provenance d’Inde et donc eux aussi maintenus en quarantaine. Ces deux personnes, baptisées D (adulte) et E (enfant), qui ont été testées négatives pour le SARS-CoV-2 à deux reprises, n’ont pas présenté de symptômes lorsqu’elles étaient encore dans l’établissement hôtelier. Un test PCR effectué sur chacune d’elles après leur quarantaine est cependant revenu positif. L’adulte et l’enfant ont probablement été infectés durant leur séjour à l’hôtel, estiment les auteurs de cette enquête épidémiologique publiée le 18 mars 2021 dans la revue en ligne Emerging Infectious Diseases.

Images de vidéo-surveillance

Comment les passagers C, D et E ont-ils pu être infectés par le coronavirus alors même que ces trois personnes n’ont jamais été en contact entre elles en dehors de leur chambre ?  Les images du circuit fermé de télévision de l’hôtel ont permis de lever le mystère.

Le 12ème jour de la quatorzaine, le test PCR de routine a lieu sur le pas de la porte des chambres d’hôtel. Il s’avère que la porte de la chambre du passager C et celle de la chambre des passagers D et E sont restées ouvertes durant cinquante secondes. En d’autres termes, il s’est écoulé moins d’une minute entre le moment où la chambre de l’adulte D et l’enfant E était ouverte et celui où la porte du passager C s’est refermée. Lors de l’écouvillonnage nasal, les masques ont évidemment été brièvement abaissés pour dégager  le nez, ce qui a pu exposer D et E à des aérosols en suspension dans l’air. « Par conséquent, nous formulons l’hypothèse que les aérosols en suspension dans l’air ont constitué le mode probable de transmission et que le couloir de l’hôtel, espace clos et non ventilé, a probablement facilité cet événement », déclarent les enquêteurs. Ceux-ci soulignent par ailleurs qu’une expertise du système de ventilation a révélé que les chambres avaient une pression nette positive par rapport au couloir.

Pendant longtemps, une  transmission via les poubelles communes du couloir avait été considérée comme une voie de transmission possible du virus. Cette hypothèse est aujourd’hui considérée comme peu probable dans la mesure où le passager D a manipulé le couvercle de la poubelle plus de vingt heures après que le passager C l’ait touché.

Au terme de la quatorzaine, l’adulte D, l’enfant E, de même qu’un passager A (rétabli depuis) testé positif trois jours après son arrivée et un autre passager (G), empruntent un vol intérieur pour se rendre de Christchurch à Auckland. Dans ce Boeing 737, dont près de la moitié des sièges sont inoccupés, tous les passagers portent un masque. Le passager G est assis juste devant D et E, le passager A occupant un siège plus éloigné.

À leur arrivée à l’aéroport d’Auckland, les passagers D et E sont accueillis par un contact familial (F). Le passager G rencontre dans sa famille deux personnes (H et I). Quelque temps plus tard, l’adulte D (ou l’enfant E) transmet le virus à F, tandis que G, qui a sans doute été contaminé par D ou E lors du vol de Christchurch à Auckland, contamine probablement un adulte H et un enfant I (enfant de G et H).

Séquence des événements de transmission probables et des emplacements des passagers lors des voyages aériens. MIQ (Managed Isolation and Quarantine) : hôtel réservé à l’isolement et à la quarantaine. Eichler N, et al. Emerg Infect Dis. 2021 May.

Les épidémiologistes des autorités sanitaires d’Auckland et de Christchurch, qui ont analysé les génomes viraux de neuf prélèvements biologiques des patients A, B, C, D, E, F, G, H et I, ont trouvé un lien génomique entre les virus SARS-CoV-2 de ces neuf personnes.

Cette étude approfondie illustre la contamination par le SARS-CoV-2 via de multiples chaînes de transmission dans des contextes différents, en l’occurrence lors d’un vol international, dans un hôtel réservé à l’isolement et à la quarantaine de passagers, lors d’un vol domestique, puis au sein du foyer familial. L’enquête épidémiologique a par ailleurs bénéficié de l’apport d’images  de télévision en circuit fermé et du séquençage génomique.

Selon les auteurs, leur étude est en faveur de la « transmission du SARS-CoV-2 par aérosols, sans contact direct entre individus ». Et de conclure que leurs résultats renforcent la nécessité de mettre en place des processus rigoureux de contrôle aux frontières pour les pays visant à éliminer la Covid-19 et d’intégrer des données génomiques aux enquêtes épidémiologiques.

Source Marc Gozlan (Le Monde)

Covid-19 : probables réinfections

Covid-19 : probables réinfections chez des résidents d’une maison de retraite

Lors d’une première flambée, au total, 20 des 115 résidents et 5 des 143 membres du personnel de la maison de retraite se révèlent être positifs pour le SARS-CoV-2 entre le 16 juillet et le 11 août 2020. Huit résidents sont hospitalisés, dont cinq décèdent. On ne dénombre pas d’hospitalisation ou de décès parmi le personnel de l’établissement.
Trois mois plus tard, le 30 octobre 2020, cette même maison de retraite rapporte à l’office fédéral de santé publique du Kentucky et aux autorités locales deux cas de Covid-19, confirmés par RT-PCR, survenus parmi ses résidents. Le même protocole de tests que celui appliqué lors de la première flambée épidémique est alors suivi. Les résidents et les membres du personnel se soumettent à un test RT-PCR deux fois par semaine. Entre le 30 octobre et 7 décembre 2020, les tests RT-PCR pour le SARS-CoV-2 de 85 des 114 résidents (environ les deux-tiers) et 43 des 146 membres du personnel (environ un tiers) se révèlent être positifs. Lors de cette seconde flambée épidémique, 15 résidents décèdent. On ne compte aucun mort parmi le personnel.
Parmi les douze résidents qui avaient contracté la Covid-19 en juillet-août 2020, cinq étaient toujours hébergés lors de la seconde flambée épidémique survenue plus de trois mois plus tard dans ce même établissement. Par ailleurs, sur les cinq membres du personnel qui y travaillaient en juillet et dont le test PCR était alors revenu positif, un seul y exerçait encore en octobre. Ce dernier n’a pas été contaminé lors de la seconde flambée épidémique.
Parmi les cinq résidents ayant développé un second épisode de Covid-19, il est à noter que seulement deux étaient symptomatiques lors de la première flambée épidémique. En effet, ils n’avaient pas alors présenté ni fièvre, ni symptômes respiratoires et n’avaient donc pas été hospitalisés. Une femme avait eu des nausées treize jours après un test PCR positif, tandis qu’une autre avait manifesté des symptômes gastro-intestinaux quatre jours avant qu’un test soit réalisé, et qui avaient persisté pendant dix-sept jours. Durant les trois mois écoulés entre la première et la seconde flambée épidémique, les symptômes avaient totalement disparu.
Alors que trois des cinq patients atteints une seconde fois de Covid-19 ont été asymptomatiques lors de leur premier épisode infectieux, tous les cinq ont présenté des symptômes lors du deuxième épisode infectieux. En outre, deux patients ont présenté des symptômes plus graves que ceux qu’ils avaient manifesté lors de la première infection par le SARS-CoV-2. Lors du nouvel épisode, un résident, qui avait du mal à respirer, a développé une insuffisance respiratoire. Il avait dû être hospitalisé et est décédé.

« Ces résultats soulignent l’importance du maintien des mesures et gestes barrières permettant de réduire le risque de transmission, même chez les personnes ayant déjà eu un résultat positif au test de dépistage PCR du SARS-CoV-2. Ils confirment la possibilité d’une réinfection dans cette population, même si on ne dispose pas de preuves définitives en raison de l’absence de séquençage génomique. Ces résultats montrent également que la maladie Covid-19 peut être plus grave lors d’une seconde infection », déclarent Alyson Cavanaugh et ses collègues du département de santé publique du Kentucky et de l’Epidemic Intelligence Service des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Source Réalités Biomédicales, Marc Gozlan

Variant Covid

Un nouveau variant, le quatrième, a été découvert par des chercheurs de l’université d’Edimbourg, en Ecosse. Il s’agirait d’une version du virus assez semblable aux variants sud-africain et brésilien, plus résistante par conséquent aux vaccins développés à l’heure actuelle. Des cas seraient notamment apparus en France. De quoi inquiéter les autorités.
Ce variant, le quatrième à être détecté par les scientifiques depuis le début de la pandémie, est aujourd’hui connu sous le nom de B.1.525, comme le rapportent les chercheurs dans leur étude. On n’en connaît pas encore l’origine, mais les scientifiques ont recensé des cas au Royaume-Uni (39), au Danemark (35), au Nigeria (29), aux États-Unis (10), et… en France (5). Le variant, dont les premiers cas remonteraient à mi-décembre, circulerait déjà dans au moins 13 pays.

Ce nouveau variant aurait subi la même mutation génétique que ses « cousins » sud-africain et brésilien. Une mutation nommée E484K, située sur la protéine Spike du coronavirus, qui rend le virus plus apte à pénétrer dans les cellules et donc à contaminer l’hôte. Cette mutation a ceci de redoutable qu’elle rend le SARS-CoV-2 insensible aux vaccins développés à l’heure actuelle, quels qu’ils soient. De quoi sérieusement inquiéter les autorités sanitaires françaises, d’autant que le variant est donc déjà présent dans le pays.

Seule bonne nouvelle, avec ce troisième variant à avoir subi la mutation E484K, les laboratoires possèdent désormais une information importante pour gommer l’inefficacité de leurs vaccins face à ces nouveaux variants. Il leur suffit de cibler cette mutation en priorité dans l’élaboration de leurs nouvelles formules. C’est ce qu’explique en tout cas Jonathan Stoye, virologue interrogé par le journal britannique

Au tour du H5N8?


Au suivant!!!!
Jusqu’à quand continuera-t-on l’élevage intensif et concentrationnaire!

La Russie a annoncé, samedi 20 février, avoir détecté les premiers cas de transmission à l’homme de la souche H5N8 de la grippe aviaire, ajoutant avoir informé l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de cette « découverte importante ».

Ce virus a été détecté chez sept personnes contaminées dans une usine de volailles du sud du pays, où une épidémie de grippe aviaire a touché les animaux en décembre 2020, a détaillé à la télévision Anna Popova, à la tête de l’agence sanitaire russe Rospotrebnadzor. Elle a assuré que les malades « se sentent bien » et n’ont pas de complications.

« Des mesures ont été rapidement prises pour contrôler la situation » dans ce foyer d’infection, a-t-elle également affirmé. Si la souche H5N8 a « franchi la barrière interespèce » en se transmettant de l’oiseau à l’homme, « ce variant du virus ne se transmet pas d’une personne à l’autre à l’heure actuelle », a-t-elle encore déclaré.

Un virus à potentiel de mutation

La souche H5N8 de la grippe aviaire sévit actuellement dans plusieurs pays européens, dont la France, où des millions d’animaux ont été abattus pour arrêter sa progression.

Selon l’OMS, la transmission de la grippe aviaire à l’homme est un fait rare et nécessite « un contact direct ou étroit avec des oiseaux infectés ou avec leur environnement ». Cependant, ce virus « doit être surveillé » car il a un potentiel de mutation. La circulation de certains variants de la grippe aviaire chez les volailles est « préoccupante pour la santé publique », car ils sont en mesure de « provoquer des maladies graves chez les humains » qui ont « peu ou pas d’immunité contre le virus », ajoute l’OMS.

Samedi soir, le gouvernement français a assuré que la souche H5N8 de la grippe aviaire présente sur des volailles dans l’Hexagone ne présentait, à ce jour, « pas de risque de transmission à l’homme », selon un communiqué des ministères de l’agriculture et de la santé. Des comparaisons sont en cours avec le virus ayant contaminé des personnes en Russie. « Les résultats de la comparaison des séquences du virus russe et des virus circulants sur notre territoire seront communiqués dès que possible », assurent les ministères.

Barrière nasale anti covid

Un traitement nasal par un polymère lipopeptidique fait barrière au virus SARS-CoV-2

Science  17 Feb 2021

Containment of the COVID-19 pandemic requires reducing viral transmission. SARS-CoV-2 infection is initiated by membrane fusion between the viral and host cell membranes, mediated by the viral spike protein. We have designed lipopeptide fusion inhibitors that block this critical first step of infection, and based on in vitro efficacy and in vivo biodistribution selected a dimeric form for evaluation in an animal model. Daily intranasal administration to ferrets completely prevented SARS-CoV-2 direct-contact transmission during 24-hour co-housing with infected animals, under stringent conditions that resulted in infection of 100% of untreated animals. These lipopeptides are highly stable and thus may readily translate into safe and effective intranasal prophylaxis to reduce transmission of SARS-CoV-2.

covid et paracétamol

Covid-19 : du paracétamol à la vaccination impossible

A maintes reprises, j’ai essayé dans Pharmacorama d’attirer l’attention sur les effets indésirables possibles du paracétamol pourtant conseillé par le Ministre de la Santé : il réduit la formation des anticorps induits par les vaccins et supprime la fièvre, moyen de défense contre les infections.

Il est quant même curieux qu’un Ministre de la Santé ait pu prôner l’utilisation du paracétamol en cas de Covid-19 sans qu’aucune étude ne soit venue confirmer son innocuité et, à ma connaissance, sans qu’aucune étude, sous l’égide de nos brillants organismes de recherche, n’ait même été envisagée.

Je voudrais revenir sur 2 exemples concrets d’infection par le Covid-19, celui du Président Macron et celui du Président Trump. Tous deux ont donc eu le Covid-19 et en ont guéri en quelques jours. Mais le Président Trump, qui en raison de son âge avait un risque de décès élevé a eu un traitement par anticorps qui s’est montré très efficace. Pour le Président Macron, beaucoup plus jeune et apparemment en bonne condition physique, on ne sait pas grand-chose de son éventuel traitement, le secret médical a été bien gardé, l’ordre des médecins a sans doute été satisfait, on ne sait même pas s’il a suivi le conseil de son Ministre de la Santé prônant l’utilisation du paracétamol.

Revenons à la situation d’aujourd’hui. Nous comptions sur le vaccin anti-Covid. Seulement voilà, le vaccin anti Covid est inaccessible, comme les centres de vaccination d’ailleurs.

Il faut noter que le traitement utilisé par Trump, un produit de Regeneron, est commercialisé aux USA. L’Allemagne a commandé 200 000 doses du produit Regeneron. Qu’en est-il de la France? Si ce produit était disponible en France, comment serait organisée sa distribution sachant que son efficacité est maximale dans les premiers temps de l’infection?
Soit dit en passant, Sanofi aurait revendu ses part de Regeneron il y a quelques temps…

Docteur Pierre Allain
Ancien professeur de pharmacologie à la Faculté de Médecine d’Angers

Bonne nouvelle

Un « preprint » nous annonce enfin une bonne nouvelle à propos d’un vaccin.
Pourvu que ça se confirme, apparemment le Pfizer Biontech réduirait aussi la charge virale. 

« Beyond their substantial protection of individual vaccinees, it is hoped that the COVID-19 vaccines would reduce viral load in breakthrough infections thereby further suppress onward transmission. Here, analyzing positive SARS-CoV-2 test results following inoculation with the BNT162b2 mRNA vaccine, we find that the viral load is reduced 4-fold for infections occurring 12-28 days after the first dose of vaccine. These reduced viral loads hint to lower infectiousness, further contributing to vaccine impact on virus spread. »

Délétion du virus

Extrait du journal Le Monde
Des chercheurs de la faculté de médecine de l’université de Pittsburgh (Pennsylvanie) rapportent, dans un article publié le 3 février 2021 dans la revue Science, que le SARS-CoV-2 peut également échapper à la pression du système immunitaire par un autre moyen que celui de mutations se traduisant par la substitution d’un nucléotide par un autre dans l’ARN.

Le virus peut en effet mettre en place un mécanisme consistant à perdre d’infimes portions de la séquence génétique codant pour la protéine S afin de résister à la neutralisation par les anticorps et l’aider à survivre. Les biologistes moléculaires parlent de délétion pour désigner la perte de matériel génétique.

Les scientifiques ont découvert que le SARS-CoV-2 pouvait présenter un profil évolutif caractérisé par l’apparition de délétions récurrentes dans le gène codant la protéine S. Celles-ci permettent donc de passer outre le système de correction des mutations. Ces délétions dans la protéine S altèrent des épitopes contre lesquelles sont dirigés des anticorps neutralisants. En d’autres termes, ces délétions permettent au virus d’échapper aux anticorps qui ne reconnaissent plus certaines cibles.

Un système de correction inopérant sur les délétions

Contrairement aux mutations qui peuvent être corrigées par le système de correction des erreurs, aucune réparation ne peut avoir lieu en cas de délétion. En effet, il n’y a rien que ce système puisse corriger lorsque la séquence génétique à réparer a été définitivement perdue. On conçoit dès lors que la survenue de délétions peut participer à une évolution virale rapide visant à contrer la réponse immunitaire adaptative, à savoir celle spécifiquement dirigée contre le virus.

Comme d’autres équipes, les chercheurs de l’université de Pittsburgh ont récemment rapporté que le SARS-CoV-2 peut acquérir des délétions dans une région particulière de la protéine S, le domaine amino-terminal (NTD), chez des patients immunodéprimés qui présentent de ce fait une infection  virale prolongée.

Panique

Le gouvernement vient de faire paraître un DGS urgent sur les variants Anglais / Sud Africains et Brésiliens. L’inquiétude n’est plus trop sur l’anglais mais sur les deux suivants. Manifestement les anglais ont perdu.
Le SARS CoV 2 comme tous les virus mutent en permanence. La plupart des mutations sont délétères mais certaines ne sont vraiment pas terribles. Parmi ces mutations une la N501Y est associé à une forte contagiosité.
Cette mutation est présente dans les 3 variantes : Anglais : N501Y V1 Sud Africain : N501Y V2 Brésilien : N501Y V3
Sur le Sud Africain notamment il y a une autre mutation E484K. Cette mutation est particulièrement inquiétante car on suspecte qu’elle rende le virus résistant aux vaccins et resistant à une primo infection. Dans le pire des scénarios on recommence à 0.

Ci-dessous le DS urgent

CORRUSS – Centre opérationnel de régulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales
DGS-URGENT
DATE : 07/02/2021
RÉFÉRENCE : DGS-URGENT N°2021_12
TITRE : STRATEGIE DE FREINAGE DE LA PROPAGATION DES VARIANTES DU SARS-COV-2 : RENFORCEMENT SPECIFIQUE SUR LES VARIANTES D’INTERET 20H/501Y.V2 ET 20J/501Y.V3
Professionnels ciblés
☒ Tous les professionnels
☐Professionnels ciblés (cf. liste ci-dessous)
☐Chirurgien-dentiste
☐Audioprothésiste
☐Podo-Orthésiste
☐Ergothérapeute
☐Autre professionnel de santé
☐Sage-femme
☐Manipulateur ERM
☐Orthopédiste-Orthésiste
☐Diététicien
☐Médecin-autre spécialiste
☐Pédicure-Podologue
☐Pharmacien
☐Infirmier
☐Opticien-Lunetier
☐Psychomotricien
☐Masseur Kinésithérapeute
☐Orthoptiste
☐Orthoprothésiste
☐Médecin généraliste
☐Orthophoniste
☐Technicien de laboratoire médical
Zone géographique
☒National
☐Territorial
Mesdames, Messieurs,
Compte-tenu de la progression de la diffusion des variantes d’intérêt du SARS-CoV2, soit les variantes 20I/501Y.V1 (dite « britannique »), 20H/501Y.V2 (dite « sud-africaine ») ou 20J/501Y.V3 (dite « brésilienne ») sur le territoire national, des mesures complémentaires sont mises en oeuvre. Un renforcement spécifique est prévu sur les variantes d’intérêt 20H/501Y.V2 et 20J/501Y.V3 dont la circulation est aujourd’hui minoritaire mais qui présentent un risque d’échappement immunitaire et vaccinal.
Vous pourrez retrouver l’ensemble des éléments de cette stratégie renforcée de lutte contre les variantes d’intérêt du SARS-CoV2 utiles à votre pratique dans une fiche disponible au lien suivant : https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/fiche-lbm_vdef1.pdf
1/ TESTER – La stratégie de criblage des variantes d’intérêt est généralisée :
– Dispositions pour les trois variantes d’intérêt
Tout test, TAG ou PCR, donnant lieu à un résultat positif doit désormais obligatoirement faire l’objet d’une RT-PCR de criblage en seconde intention, réalisée dans un délai de 36H maximum, afin de déterminer s’il s’agit d’une contamination par une variante d’intérêt.
Les laboratoires réalisant les tests de criblage doivent en transmettre les résultats aux laboratoires ayant réalisé le test de première intention, qui ont la responsabilité de signaler à la personne contaminée qu’il s’agit d’une contamination par une variante d’intérêt, et laquelle. Par ailleurs, cette information sera ensuite confirmée par le traceur de l’Assurance maladie en charge du contact-tracing.
Dans le cadre de la stratégie de criblage actuelle, il est demandé de n’utiliser, en seconde intention, que les kits RT-PCR ayant deux cibles dont au moins la mutation N501Y, commune aux 3 variantes d’intérêt actuellement circulantes, et permettant de distinguer la variante 20I/501Y.V1 d’une part et les variantes 20H/501Y.V2 et 20J/501Y.V3 d’autre part.
La liste des kits RT-PCR de criblage pouvant désormais être utilisés est disponible sur le site du MSS au lien suivi.
Des travaux sont en cours pour permettre l’utilisation et la généralisation de ces kits en première intention pour le diagnostic primaire. Par ailleurs, le ministère a pour objectif d’encourager le développement de kits ciblant de nouvelles variantes d’intérêt potentielles, et en premier lieu la mutation 484K, responsable du risque d’échappement immunitaire, qui seront déployés et généralisés dès qu’ils seront disponibles.
CORRUSS – Centre opérationnel de régulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales
Le dispositif de recherche des variantes d’intérêt est étendu aux tests antigéniques rapides. Ceux-ci doivent conserver toute leur place dans la stratégie de lutte contre l’épidémie, selon les indications actuellement en vigueur. Les tests antigéniques avec un résultat positif doivent désormais faire l’objet d’un second prélèvement, en vue d’une RT-PCR de criblage, afin de rechercher les mutations spécifiques des variantes d’intérêt. Lorsque ce second prélèvement peut être réalisé dans le même temps, celui-ci doit être privilégié, dans le cadre d’un conventionnement entre acteurs. Dans le cas contraire, le patient doit être adressé à un laboratoire de biologie médicale pour la réaliser ou bénéficier d’un prélèvement réalisé à domicile par un professionnel de santé.
La recommandation de renvoyer vers une RT-PCR les personnes de retour de voyage, ou en lien avec une personne ayant voyagé récemment, ou vivant dans une zone où une augmentation brusque de l’incidence est observée, se présentant pour la réalisation d’un test antigénique rapide, reste en vigueur.
2/ ALERTER – la recherche de chaines de transmission supplémentaires autour des cas de variantes d’intérêt est renforcée :
– Dispositions pour les trois variantes d’intérêt
Les opérations de tracing et d’isolement continuent d’être déclenchées dès la réception du résultat du test, PCR ou TAG, de première intention sans attendre les résultats de la RT-PCR de criblage. Les dispositions de renforcement lors d’une contamination par variante décrites infra sont déclenchées lors de la réception du résultat de la RT-PCR de criblage, sans attendre une confirmation par un éventuel séquençage. La priorité demeure l’isolement sans délai des cas et le déclenchement rapide de leurs contacts.
Il convient de sensibiliser le patient porteur d’une variante d’intérêt au risque de contagiosité accrue et à l’importance d’un respect particulièrement strict de l’isolement et des gestes barrière.
Pour rappel, dans le cadre du tracing de niveau 2 et des investigations de niveau 3 autour de ces cas, il sera également demandé à l’ensemble des contacts à risque identifiés autour des porteurs de variantes d’intérêt de prévenir eux-mêmes (contact-warning) les personnes avec qui elles ont été en contact à risque depuis leur dernière exposition à risque avec le cas index (contacts de seconde génération). Pour celles-ci les recommandations suivantes seront proposées :
– Renforcer l’application des mesures barrières et notamment le port du masque grand public filtration supérieure à 90% ou du masque chirurgical en présence d’autres personnes ;
– Télétravailler dès lors que cela est possible ;
– Réduire volontairement ses contacts sociaux durant les 7 jours suivant ;
– Réaliser un test diagnostic sans délai au 1er symptôme.
Les personnes contact reçoivent un SMS ou un mail les orientant sur le site de l’Assurance maladie qui leur est dédié (https://declare.ameli.fr/sms/) et qui intègre des consignes spécifiques.
– Dispositions renforcées pour les variantes 20H/501Y.V2 et 20J/501Y.V3
Les contacts à risque des personnes porteuses d’une variante 20H/501Y.V2 ou 20J/501Y.V3 doivent bénéficier d’un test PCR, à J0 (dès son identification), afin de démarrer sans délai les opérations de contact-tracing s’il est positif. En cas de résultat positif, le criblage par une RT-PCR de seconde intention est réalisé. Une attention particulière devra être apportée, en cas de test négatif, à l’importance de bien respecter la période de quarantaine de 7 jours depuis le dernier contact à risque et sur la nécessité de réaliser un test RT-PCR à J7, à l’issue de cette période.
3/ PROTEGER – Le suivi du respect de l’isolement des personnes porteuses d’une variante d’intérêt est intensifié :
– Dispositions pour les trois variantes d’intérêt
La mise en oeuvre d’un isolement précoce et bien respecté pour les personnes porteuses d’une variante d’intérêt est une priorité.
Pour rappel, les personnes (cas confirmé et personnes contact à risque) suspectées d’avoir fait l’objet d’une contamination par une variante et les personnes dont la contamination par une variante a été confirmée font l’objet d’un suivi renforcé (isolement/quarantaine) :
o Les visites à domicile réalisées par des IDEL sont programmées et proposées systématiquement ;
o Lors de la prise de contact par la CPAM, les personnes concernées dont la situation personnelle laisse présager un fort risque de propagation (personnes vivant en famille, notamment avec des proches à risque, etc.) se voient systématiquement proposer une offre spécifique d’hébergement via les CTAI.
– Dispositions renforcées pour les variantes 20H/501Y.V2 et 20J/501Y.V3 :
CORRUSS – Centre opérationnel de régulation et de réponse aux urgences sanitaires et sociales
Pour les variantes d’intérêt 20H/501Y.V2 et 20J/501Y.V3, la durée d’isolement est portée à 10 jours.
Du fait de la contagiosité accrue de ces deux variantes, un test de sortie d’isolement doit être systématiquement réalisé pour les personnes qui en sont porteuses.
Après 10 jours pour les contaminations par une variante d’intérêt 20H/501Y.V2 ou 20J/501Y.V3, et en l’absence de fièvre depuis plus de 48h pour les patients zéro symptomatiques, la levée de l’isolement est désormais conditionnée pour les cas confirmés à l’obtention d’un résultat de test négatif. Si le test revient positif, l’isolement est prolongé de 7 jours après ce résultat.
Dans les cas de contamination confirmée par une de ces deux variantes, une deuxième visite infirmière sera programmée, notamment pour réaliser le test prévu pour autoriser la sortie de l’isolement.
– Dispositions relatives à l’Education nationale
Pour les variantes d’intérêt 20H/501Y.V2 et 20J/501Y.V3, la fermeture de la classe est automatiquement prononcée, suite à une investigation de niveau 3 à la main de l’ARS, et l’ensemble des élèves – ainsi que le ou les professeurs testés et les cas contacts identifiés à J0 et J+7 par RT-PCR, si l’un des cas suivants est confirmé :
 1 enfant COVID+ contaminé par une des deux variantes d’intérêt ;
 1 enfant cas-contact d’un parent ou membre de la fratrie contaminé par une des deux variantes d’intérêt.
Pr. Jérôme Salomon
Directeur Général de la Santé

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La recherche hospitalière en marche, ça rassure!