Juste après la fin du monde

« Il y a de nombreuses qualités à développer pour grandir en humanité. Mais la mère de toutes est sans doute l’émerveillement. Un homme ou une femme qui ne savent plus s’étonner et s’émerveiller perdent ce qu’il y a peut-être de plus essentiel dans leur humanité: la conscience de l’éclat du monde et du miracle de la vie. Comment ne pas s’émerveiller devant la beauté de la voûte céleste et l’harmonie du cosmos? Devant l’apparition du soleil à la pointe de l’aube et son coucher rougeoyant au crépuscule du jour? Comment ne pas s’émerveiller face à la majesté des cimes enneigées? Face à l’infinité des horizons marins? Devant un champ de coquelicots ou de blé ondulant sous la caresse du vent? Comment ne pas s’émerveiller en écoutant le chant du hibou ou du rossignol? En regardant une rose éclore? En contemplant la danse des papillons et des abeilles, qui butinent de fleur en fleur, ou bien celle des dauphins dans l’océan, ou des hirondelles dans l’azur? Comment ne pas s’émerveiller devant la féerie des forêts et la bonté des vergers? Devant la puissance sereine du chêne, la souplesse du roseau, le parfum délicat du genévrier, la finesse du cyprès, la générosité du pommier, l’élégance du bouleau, la résilience de l’olivier, la tristesse nostalgique du saule pleureur, la joie colorée de l’érable? Comment ne pas s’émerveiller en regardant un chat s’étirer avec grâce et nonchalance, un cerf bondir avec vélocité, un aigle tournoyer dans le ciel avec majesté, un chien gambader joyeusement, une fourmi accomplir sa tâche avec persévérance, quels que soient les obstacles rencontrés? Comment ne pas s’émerveiller en observant pousser les graines que nous avons semées? En voyant les tomates rougir et s’attendrir? En se laissant enivrer par le parfum envoûtant du jasmin, du chèvrefeuille ou du lilas? Oui, comment ne pas s’émerveiller devant la beauté et la bonté du monde. »

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