Chantal Delsol

« La haine du monde »     Ce livre offre une superbe analyse à laquelle je souscris en grande partie.
L’extrait qui suit parait simplet et en semble un peu éloigné. A voir…….

« Le jardinier qui travaille sous ma fenêtre est un admirateur du monde. Il n’imagine pas qu’il pourrait produire quelque plante. Il cultive. Autrement dit, il aide à croître ce qui existe sans lui. Il ne crée pas, il ne fabrique pas : il prend soin. D’où l’humilité.

Constamment il se sent dépassé : il n’en ressent pas de honte ni d’aigreur, mais plutôt une dignité d’appartenance. »

Fichu homard

Fichu homard qui suffit à renvoyer les politiques à leur image de goinfre sans foi ni loi, plus avides de se servir qu’attaché à servir. Maudit homard qui insulte ce qu’il y a en nous de Gilet jaune. Fâcheux homard qui pollue jusqu’à la moindre réforme du gouvernement. Comment défendre la sobriété écologique quand on mange du homard ? Et comment justifier le nouveau régime des allocations chômage quand on se goberge dans les palais nationaux ?      🙂

Michel Richard Le Point

JC Pirotte

Qui  connait Jean-Claude Pirotte, l’un de « mes » poètes?

« Je lis avec impatience, avec fébrilité, trop vite, comme on engloutit sans le mâcher son casse-croûte, et jamais je ne suis rassasié, c’est une maladie, un prurit mental que j’ai contracté dans l’enfance, lorsque je me levais la nuit, à l’insu des parents, pour lire n’importe où, dans la cave, au grenier, dans l’escalier, dans l’appentis, avec le désir fou du livre suivant. Une existence entière vouée à la lecture, à cette beuverie de mots où je me perdais et me trouver pour sans cesse me reperdre. Rien n’a changé. Je lis, relis, l’impatience et la frénésie demeurent aussi jeunes, aussi fraîches, aussi impérieuses, aussi tyranniques. Aussi vicieuses, mais pas impunies, mon cher Larbaud. Je serai condamné pour m’être embarqué dans les livres sans aucun passeport. Mais je sais un peu mieux maintenant à quoi je suis attaché, je devine ce qui me convient. Un instinct, comme on dit un sixième sens m’a guidé. Oh, pas toujours mais très tôt, me semble-t-il vers les écrivains qui me parleraient au plus intime, chez qui je pourrais m’installer comme chez moi, m’étourdir et me connaître. Me connaître ? Rien n’est moins sûr. Me méconnaître plutôt. Mon mystère, mon ignorance en somme, sont intacts. Curieuse virginité. Je dois mon peu de fortune et ma lumineuse misère au romanesque, cette vie qui propose la vie sans l’expliquer. »
Jean-Claude Pirotte 

Jean Clair

« En saisissant un moment, les Impressionnistes croyaient avec lui, saisir le réel : mais ils n’en prélevaient que la peau lumineuse. Leur art ne fut qu’un illusionnisme de la surface, qu’un jeu pelliculaire. Le propos de Bonnard était bien différent qui, désarmé devant le motif, consistait à s’en laisser pénétrer pour ne le faire revivre que plus tard, lorsque la décantation de la mémoire n’ayant gardé de lui que ses qualités les plus fines et les plus insistantes, sa lumière et son parfum, il brillerait de tout son éclat dans l’air plus pur du souvenir, goûtant en lui la félicité que, trébuchant sur les pavés grossiers de Guermantes, Proust éprouvait à s’imaginer transporté sur les dalles de la place Saint Marc ou bien encore, percevant le choc d’une cuiller contre une assiette, à revoir surgir autour de lui un petit bois vert et parfumé. »